• Camille

Post 4 - Peur, colère, angoisse... mes astuces

Post 4 - Fear, angry, stress : my tips

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Hello !

Bon aujourd’hui je vais parler des émotions que l’on ressent lors de l’hospitalisation. La plupart d’entre elles sont présentes du début à la fin, après encore.

N’oublions pas que comme toute personne souffrant d’une maladie grave, ces émotions sont normales. Il ne faut pas les refouler. Au contraire, parlez et videz votre sac !


«C’est pendant nos moments les plus sombres que nous devons nous concentrer pour voir la lumière» - Aristote Onassis

Je ne vais pas vous donner des conseils pour être un guerrier ou un valeureux combattant, je n’ai pas de solutions pour ne pas ressentir ces émotions, je vais juste vous faire part de ce qui me semble utile. Encore une fois je ne suis pas coach et encore moins psychologue, je fais simplement part de mon vécu, et de mes tips.


C’est parti !


Lors de la phase aiguë d’une maladie grave, les émotions se bousculent. La peur, le désespoir, la colère, l’incompréhension, l’angoisse, la solitude, la tristesse. Le plus dur là dedans est que nous portons ce fardeau seul. Nos proches sont là mais nous nous sentons seuls, isolés, incompris, et pour la plupart on se recroqueville sur nous même.

La peur / le désespoir :

J’apprends rien à personne concernant ce sentiment de peur ! La peur de mourir, que notre vie s’arrête de cette façon. C’est un sentiment tellement normal. On ne sait pas de quoi demain sera fait, c’est OK d’avoir peur, c’est normal. Alors on en parle, on se lâche. S'il y a bien des moments où vous pouvez tout lâcher ce sont ces moments là, parlez, criez, hurlez…


La colère :

J’ai l’impression de faire un bref récap du dessin animé VICE VERSA sur les émotions ! Et bien oui la colère est belle et bien présente lors d’une maladie aussi grave. J’ai été en colère envers la vie, de m’infliger ça. Pourquoi moi ? Sans déconner : où est-ce que j’ai merdé pour vivre ça ? Bon, en vrai j’ai pas merdé ;-) nous sommes tous impuissants face à la maladie. Alors oui on est en colère, on s’en prend à nos proches aussi quand on est malade, c’est pas contre eux, mais on a besoin d’évacuer cette haine en nous !


L’incompréhension :

Je fais quoi là ? Qu’est ce qu’il m’arrive. On ne comprend rien. Ni pourquoi notre corps a décidé de foutre le camps, ni pourquoi on y risque notre peau… Alors le mieux, c’est de trouver une oreille attentive, et d’en parler. Détailler ce qu’on ressent. Verbaliser nos émotions !


La solitude :

Je l’ai dit et je le re dis : la maladie isole. Bien sûr nos proches sont là, coûte que coûte. Ils nous tiennent la main et sèchent nos larmes. Pourtant au fond on reste seul, allongé dans un lit d’hôpital, à endurer ces souffrances, à savoir qu’on est dévisagé, que tout en nous nous fait souffrir. On se sent isolé. On est terrifié, on désespère… Mais tant qu’à être entouré, pourquoi ne pas en profiter ? Alors on en parle. On en parle à nos proches, et aux soignants, sachez qu’ils sont là aussi pour tendre une oreille attentive.


Durant mon hospitalisation en réanimation chez les Grands Brûlés, j’avais une psychologue qui passait tous les 2/3 jours. Manque de bol pour moi c’était pas le genre de psy dont j’avais besoin. Elle ne me conseillait rien, elle était là pour écouter et de temps en temps hocher la tête et prendre un air méga triste. Les premières fois je vidais mon sac, je disais que je n’en pouvais plus, qu’on m’avait tout enlevé, que je ne savais pas si un jour j’allais ré entendre le chant des oiseaux et sentir le souffle du vent sur ma peau. J’attendais une bouée de sauvetage. J’ai eu droit à un « d’accord + hochement de tête ». Inutile quoi !

Ce dont on a besoin durant ces moments là c’est de la compassion. On n’attend pas que nos proches nous pousse à positiver, à garder le moral, à nous dire de nous accrocher. Rare étaient ceux qui me disaient juste : « c’est OK Camille. C’est normal de ressentir ça. Laisse toi aller, parle, vide ton sac ; pour le moment y’a pas de solution miracle, mais je suis là pour t’écouter, vas y ! » J’avais des crises de larmes chaque jour, des crises d’angoisse aussi. J’en avais besoin ! J’avais besoin d’évacuer toutes ces émotions, je voulais pas hurler et m’en prendre à qui que ce soit, alors je pleurais. J’imagine que c’était très dur pour mes proches de me voir pleurer, mais j’en avais besoin, et généralement ça me fatiguait assez pour après vouloir me reposer. Alors on laisse les larmes couler ;-) Et on évite de dire à la personne qui craque : « non ne craque pas ! Ce n’est pas le moment accroche toi !!! » Attention, vous risquez de provoquer d’autres angoisses si vous mettez la pression à quelqu’un d’hospitalisé. Laissez le gérer ses émotions comme il le souhaite, il est seul dans son corps à ressentir la douleur, la peur, l’angoisse, le doute.

Ecoutez le. Simplement.

Mes astuces pour vivre au mieux ses émotions sont :


  • Parler : videz votre sac ! Que ce soit à vos proches ou à un bon psychologue, lâchez la bombe ! Criez s’il le faut, pleurez, riez, il faut vous vider la tête

  • Changez-vous les idées : regardez des séries sympas quand vous êtes seul !

  • Échangez des banalités avec vos proches : restez connecté au monde extérieur, c’est important de garder une petite part de votre esprit dehors

  • Jouez : si vous avez la possibilité d’avoir une tablette ou votre téléphone portable, jouez à Candy Crush, à Mario ou autre jeu tout aussi amusant

  • Projetez-vous : prévoyez des sorties banales, comme aller promener votre chien dans la nature après votre sortie, ou aller voir un film qui sort dans 1 mois, le fait d’atteindre des petits objectifs vous rassurera, car oui vous en êtes capable :-)

  • Ecrivez, dessinez, créez ! Personnellement écrire et créer est à mes yeux une super thérapie pour palier à mes émotions !


Voilà ! J’espère que ces petits conseils vous apporteront une petite lueur. Sachez que psychologiquement rien n’est irréversible ! Le temps fait son effet sur les émotions, nous arrivons à les accepter, les vivre, et aussi leur donner un sens.


Merci à tous pour votre lecture, et à très vite pour un nouveau post!


Camille


Post 4 - Fear, anger, stress ... my tips


Hello !

 

Well today I'm going to talk about the feelings that we aregoing though during the hospitalization. Most of them are present from beginning to end, and after.


Let's not forget that like anyone with a serious illness, these emotions are normal. We must not repress them. We have to talk about it.


I will not give you any advice to be a warrior or a brave fighter, I don't have solutions to not feel these emotions, I will just tell you what seems useful to me. Once again I am not a coach and even less a psychologist, I am simply here to tell you about my experience, and my tips.


Let's go !


During the dramatic phase of a serious illness, emotions are jostling. Fear, despair, anger, misunderstanding, stress, loneliness, sadness.

The hardest thing here is that we carry this burden alone. Our family / friends are there but we feel alone, isolated, misunderstood, and for the most part we keep that for ourselves.


Fear / despair:

I'm not learning anything about this feeling of fear! The fear of dying, that our life stops this way. It's such a normal feeling. We do not know what tomorrow will be done, it's OK to be afraid, it's normal. So we have to talk about it, if not we go crazy. If there are many moments when you can let go it's the perfect moment... : talk, shout, scream ...


Anger :

Well, yes the anger is here during a serious illness. I was angry against life. Why me ? No kidding: where did I screw up to live this? Well, I really didn't do anything to deserve that ;-) we are all helpless in front of the disease. So yes we are angry, we attack our family, it's not against them, but we need to evacuate this hate which is in us!


The incomprehension:

What am I doing here? What is happening to me? We do not understand anything. Or why our body decided to fucked up, or why we can die ... So the best way to going though this is to find someone who is able to listen, and talk about it. Express what you feel. Express your emotions!


Solitude:

I said it and I say it again: the disease makes you feel lonely. Of course our loved ones are here. They hold our hands and dry our tears. But in the end we remain alone, lying in a hospital bed, to endure these sufferings, namely that we are stared at, that everything in us makes us suffer. We feel lonely. We are terrified, we despair ... But as to be surrounded, why not enjoy it? So we talk about it. We talk about it to our family / friends, and to the caregivers, know that they are there also to reassure you.


During my hospitalization in intensive care (in the burn unit), I had a psychologist who spent time with me every 2/3 days. Not a good thing because she didn't give me any adive, she was there to listen and sometime she looked at me with a sad face. The first time I express myself, I said that I couldn't be in this condition anymore, that everything had been taken away from me, that I didn't know if one day I would hear the birds singing and feel the breath of the wind on my skin. I was waiting for a such big advice. She said nothing, and she left my room. No, I didn't need that!


What we need during these times is compassion. We don't wait for our loved ones to push us to be positive, to tell us to be string. Rare were the ones who just told me: "It's OK Camille. It's normal to feel that way. Let yourself go, speak, express your anger, your pain; for the moment there is no miracle solution, but I'm here to listen to you, go! "


I cired everyday. I needed it ! I needed to evacuate all these emotions, I did not want to scream and blame anyone, so I cried. I guess it was very hard for my family to see me crying, but I needed it, and usually it tired me enough to want to rest. So we let the tears flow ;-)

And we avoid telling the person who cracks, "no don't crack! This is not the moment ! stay strong !!!" Be careful, you may cause further anxiety if you put pressure on someone who is hospitalized. Let him manage his emotions as he wants, he is alone in his body to feel pain, fear, anxiety, doubt. Listen to it. Simply.


My tips for living with your feelings are:


  1. Talk: express all your feelings! To your loved ones or a good psychologist, drop the bomb of this trauma! Scream if necessary, cry, laugh, you have to clear your mind.

  2. Change your ideas: watch nice shows when you're alone!

  3. Talk about everything with your family: stay connected to the outside world, it's important to keep a small part of your mind out.

  4. Play: If you have the chance to get a tablet or cell phone, play Candy Crush, Mario or any other fun game

  5. Project yourself: plan for banal outings, such as going for a walk in the nature after your hospitalization, or going to see a movie that will be released in a month, the fact of achieving small goals will reassure you, because : yes you are able :-)

  6. Write, draw, create! To me writing and creating is a great therapy to overcome my emotions!



I hope these tips will bring you a little glow. Know that psychologically nothing is irreversible! Time has its effect on emotions, we are going to accept them, live with them, and also give them a meaning.


Thanks for reading.

xoxo

Camille


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© 2020. After My Lyell - by Camille Lagier

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